Samedi 19 décembre 2009
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"Les femmes changent-elles le travail ?" s'interrogeait Cécile Guillaume (Maître de conférence à l’Université de Lille 1) en avril 2007 dans l'avant-propos de la revue Sociologie Pratique. Elle y évoque brièvement la notion d'essentialisme qui, entre autre, "désigne des natures féminine et masculine différentes par essence", en opposition au
constructionnisme. Simone de Beauvoir et son
"on ne naît pas femme, on le devient" n'a qu'à bien se tenir ! Au delà de l'éternel débat (sans fin) sur l'inné et l'acquis, ce courant connaît un certain succès en RH. A l'heure où les
entreprises essaient tant bien que mal de se mettre au diapason de la "diversité", celles-ci doivent élaborer un discours positif au service de cette nouvelle politique. L'essentialisme offre des
arguments qui peuvent sembler pertinents au premier abord, s'appliquant aussi bien aux femmes qu'à toutes les autres catégories de la population discriminée. La Diversité viendrait enrichir
l'entreprise de ses compétences puisque le fait d'être femme, maghrébin, noir etc. donnerait des compétences particulières. Pourquoi pas. Mais ce genre d'arguments peut vite s'avérer à double
tranchant.
Ainsi, en faisant une recherche google "management au féminin", je suis tombée sur ce genre d'article : "Management au féminin, femmes et pouvoir" où on nous parle de "spécificités féminines". On y apprend que les femmes ont des "capacités relationnelles" (oh surprise !) et qu'elles se positionnent dans un "management complémentaire". Tient donc, complémentaire... Il me plait cet article.
Tout d'abord, le cliché des capacités relationnelles : c'est comme même extraordinnaire qu'on nous la refasse à chaque fois ! Et bien oui, nous les femmes nous sommes par essence disponibles, compréhensives et communiquantes (et là, j'ai une pensée émue pour ma mère qui malheureuseument n'est pas pourvue du gène de la communication...). En tout cas, c'est une étude menée en 2005 par Arborus (association pour la promotion des femmes en entreprise) qui le dit. Et oui, on fait des études pour prouver qu'avoir des femmes dans son entreprises, c'est super génial. Les femmes vous veulent du bien, la preuve : elles ne veulent absolument pas prendre la place de leur chef (masculin) puisqu'elles sont dans le "management complémentaire" . Et effet, en plus d'être pertuellement super open, super aware et super à l'écoute des gens qui les entourent, les femmes apprécient d'être des managers opérationnels, sur le terrain, proches de leurs collaborateurs. Tout sauf à une place clé dans l'organisation. Mais ce n'est pas un problème car elles sont "moins attachées au pouvoir et à la hiérarchie". Par ailleurs, pour pallier un manque chronique d'idées et une incapacité notable à prendre des décisions, les femmes utilisent une ruse ségolénienne : le "management participatif. A l’écoute de leurs collègues, elles les sollicitent, recueillent leurs idées, et affectionnent particulièrement le travail en équipe". Et bien si après ça on a encore une chance d'être recrutée à un poste à responsabilité ! Merci donc à Arborus et surtout, continuez à militer pour les femmes, je me sens plus compétente maintenant !
Les thèses essentialistes trouvent un terrain d'application beaucoup plus large que les seules ressources humaines. En politique par exemple, il est intéressant (inquiétant ?) de constater combien celles-ci trouvent un large échos à l'occasion du débat sur l'identité nationale. En parcourant des articles sur sujet ce ce qui m'a tout de suite interpellée, c'est la résurgeance du thème "droit du sol / droit du sang" dans les commentaires des lecteurs. C'est un grand classique ; tout comme l'inévitable come-back du débat sur la peine de mort à chaque meurtre d'enfant.
Sommes-nous français par essence car de parents français ? On s'interroge dans cet article "Au bout de combien de temps on n'est plus issu de l'immigration ?". Excellente question ! Combien de générations d'une famille d'immigrés sont nécessaires pour voir naître un petit rejeton français "par essence" ? Combien de générations pour effacer les traces d'ancêtres venus d'ailleurs ? Jean-François Copé est le plus pragmatique finalement (je pensais pas pouvoir écrire ça un jour) "être Français, c'est avoir la nationalité française". C'est tout bête hein ? Tout ça pour en revenir à une histoire de papiers. Et qui veut des papiers ? Les immigrés ! Mais non, puisqu'on vous dit que le débat n'a rien à voir avec l'immigration ! C'était quoi la question au départ ? Ah oui, qu'est-ce qu'être français ? Franchement, existe t-il une seule personne en France qui puisse croire qu'une réponse à cette question ressortira de ce débat bordélique ?
D'ailleurs, voilà ma contribution au débat : être français, c'est être bordélique. Ca vaut ce que ça vaut !
Finalement, il faudrait demander aux anglais ce qu'ils en pensent, je suis sûre au moins que leurs réponses seraient drôles. On a besoin de ça en ce moment : rire. Tient, je vais aller me rematter le Lip Dub des jeunes Pop' :-)
Ainsi, en faisant une recherche google "management au féminin", je suis tombée sur ce genre d'article : "Management au féminin, femmes et pouvoir" où on nous parle de "spécificités féminines". On y apprend que les femmes ont des "capacités relationnelles" (oh surprise !) et qu'elles se positionnent dans un "management complémentaire". Tient donc, complémentaire... Il me plait cet article.
Tout d'abord, le cliché des capacités relationnelles : c'est comme même extraordinnaire qu'on nous la refasse à chaque fois ! Et bien oui, nous les femmes nous sommes par essence disponibles, compréhensives et communiquantes (et là, j'ai une pensée émue pour ma mère qui malheureuseument n'est pas pourvue du gène de la communication...). En tout cas, c'est une étude menée en 2005 par Arborus (association pour la promotion des femmes en entreprise) qui le dit. Et oui, on fait des études pour prouver qu'avoir des femmes dans son entreprises, c'est super génial. Les femmes vous veulent du bien, la preuve : elles ne veulent absolument pas prendre la place de leur chef (masculin) puisqu'elles sont dans le "management complémentaire" . Et effet, en plus d'être pertuellement super open, super aware et super à l'écoute des gens qui les entourent, les femmes apprécient d'être des managers opérationnels, sur le terrain, proches de leurs collaborateurs. Tout sauf à une place clé dans l'organisation. Mais ce n'est pas un problème car elles sont "moins attachées au pouvoir et à la hiérarchie". Par ailleurs, pour pallier un manque chronique d'idées et une incapacité notable à prendre des décisions, les femmes utilisent une ruse ségolénienne : le "management participatif. A l’écoute de leurs collègues, elles les sollicitent, recueillent leurs idées, et affectionnent particulièrement le travail en équipe". Et bien si après ça on a encore une chance d'être recrutée à un poste à responsabilité ! Merci donc à Arborus et surtout, continuez à militer pour les femmes, je me sens plus compétente maintenant !
Les thèses essentialistes trouvent un terrain d'application beaucoup plus large que les seules ressources humaines. En politique par exemple, il est intéressant (inquiétant ?) de constater combien celles-ci trouvent un large échos à l'occasion du débat sur l'identité nationale. En parcourant des articles sur sujet ce ce qui m'a tout de suite interpellée, c'est la résurgeance du thème "droit du sol / droit du sang" dans les commentaires des lecteurs. C'est un grand classique ; tout comme l'inévitable come-back du débat sur la peine de mort à chaque meurtre d'enfant.
Sommes-nous français par essence car de parents français ? On s'interroge dans cet article "Au bout de combien de temps on n'est plus issu de l'immigration ?". Excellente question ! Combien de générations d'une famille d'immigrés sont nécessaires pour voir naître un petit rejeton français "par essence" ? Combien de générations pour effacer les traces d'ancêtres venus d'ailleurs ? Jean-François Copé est le plus pragmatique finalement (je pensais pas pouvoir écrire ça un jour) "être Français, c'est avoir la nationalité française". C'est tout bête hein ? Tout ça pour en revenir à une histoire de papiers. Et qui veut des papiers ? Les immigrés ! Mais non, puisqu'on vous dit que le débat n'a rien à voir avec l'immigration ! C'était quoi la question au départ ? Ah oui, qu'est-ce qu'être français ? Franchement, existe t-il une seule personne en France qui puisse croire qu'une réponse à cette question ressortira de ce débat bordélique ?
D'ailleurs, voilà ma contribution au débat : être français, c'est être bordélique. Ca vaut ce que ça vaut !
Finalement, il faudrait demander aux anglais ce qu'ils en pensent, je suis sûre au moins que leurs réponses seraient drôles. On a besoin de ça en ce moment : rire. Tient, je vais aller me rematter le Lip Dub des jeunes Pop' :-)















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